Les casinos ont été conçus, à l’origine, à des fins de divertissement. Mais le plaisir s’efface lorsqu’il laisse place à la dépendance au jeu. Avec l’augmentation du nombre d’addictions, dont la croissance est régulière, la réhabilitation atteint des prix excessifs, et faire des profits par le jeu devient une activité douteuse.
Nous avons tous entendu ce type d’histoire : un homme se rend à un casino et, chance du débutant oblige, il gagne 100 $. Incroyable. La semaine qui suit, l’homme retourne au casino, mais perd cette fois 50 $. Mais ce n’est que la moitié de ce qu’il a gagné la semaine précédente, et il continue donc. Au début, c’est uniquement un divertissement, mais avant même de s’en rendre compte, c’est devenu une habitude. Il gagne parfois, mais perd plus souvent encore. Peu de temps après, il prend de l’argent sur le compte épargne de sa famille, puis sur sa retraite et son héritage. Cela va servir à compenser les pertes astronomiques. Mais tout est loin d’être terminé, car il commence à emprunter de l’argent à ses proches, ses amis et ses collègues de travail. La pression monte et, pour une raison ou pour une autre, il reste sur l’idée qu’il lui suffit de gagner une seule fois le gros lot, à la prochaine main, la prochaine machine a sous, au prochain tour de roue ou jet de dés. Un autre scénario possible est qu’il se dise que ce sera sa dernière nuit au casino. Malheureusement, ses cartes de crédit vont plafonner et il sera contraint de faire faillite.
Ce type d’histoire n’est pas rare, surtout dans les pays où les jeux d’argent sont devenus légaux. Aux États-Unis, chaque état possède désormais son propre bateau-casino. De même, il est difficile d’imaginer qu’il y a à peine dix ans, les casinos se développaient seulement dans le Nevada, le New Jersey et à Atlantic City. Le jeu est devenu une source de revenus pour tous : les gouvernements, les œuvres caritatives, les églises, et même les ménages.
Le jeu fait aussi partie intégrante de la culture. En fait, les jeux d’argent ont été pratiqués dans de nombreuses cultures et pendant des siècles. À l’heure actuelle, au moins 80 % des Américains ont parié une fois dans leur vie, et nombre d’entre eux parient régulièrement. Le bon côté des choses, c’est que les jeux d’argent ont permis de créer des emplois, d’obtenir des fonds pour l’éducation et d’accroître la valeur de l’immobilier. Du côté des conséquences néfastes, plus de 2 % des Américains ont souffert, avec l’augmentation du jeu, de problèmes de jeu pathologique au moins une fois dans leur vie. Et de 3 à 5 % des Américains ont participé à une partie potentiellement dangereuse qui aurait pu mettre à mal leurs économies.
Le jeu pathologique est une maladie qui surgit chez les individus qui ont régulièrement des problèmes d’adaptation au jeu qui perturbent leur vie personnelle et familiale. Cela signifie qu’un joueur compulsif utilisera une grande partie de son temps et de son argent au risque de détériorer sa vie sociale. Il existe de nombreux joueurs compulsifs là où les casinos sont légaux et font partie de la culture. Et si vous connaissez l’un d’entre eux, vous pourrez voir la frontière étroite qui sépare le divertissement et le plaisir d’un côté, et les troubles personnels et sociaux de l’autre. Et n’importe qui peut franchir cette frontière.

